Mercredi 30 septembre 2009 3 30 /09 /2009 16:33

30/09/2009

Par Nicole Salez

Un couple bien assorti a priori, et puis leur histoire tourne au vinaigre. Quelle sera l’attitude de Victoire ? "La femme blessée", le dernier roman de Caroline Pascal, est paru aux Editions Plon en août 2009.

 

Elle incarne la vieille France, lui l’ambition politique. Ils sont mariés depuis vingt ans et forment ce couple idéal faisant mine de petit-déjeuner en double page des magazines avec des sourires qui ne sont pas du petit matin. Peu à peu, cette vie sur papier glacé va très banalement tourner au vinaigre. Elevée pour être une épouse et une mère parfaites, Victoire est pourtant invitée à laisser la place. Son éducation, ses sentiments, les lois de son milieu le lui permettront-ils ? Le temps d’une crise, toute l’histoire du couple, son passé comme son avenir, peu à peu se dévoile.

L’auteure : Caroline Pascal

Normalienne, agrégée, docteur es lettres, Caroline Pascal est universitaire. Elle a traduit en français les deux grands écrivains espagnols de la fin du XIXe siècle : Emilia Pardo Bazán et Benito Pérez Galdos. Elle est l’auteur de deux romans salués par la critique, Fixés sous verre (Plon, 2003) et Derrière le paravent (Plon, 2005).

Source: Toutpourlesfemmes.com

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Vendredi 25 septembre 2009 5 25 /09 /2009 21:53
25/09/2009


Le 25 septembre, Caroline Pascal était l'invitée de Franz-Olivier Giesbert sur le plateau de Vous aurez le dernier mot autour de Valéry Giscard d'Estaing.

Pour consulter le site de l'émission,
veuillez cliquer ICI

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Jeudi 24 septembre 2009 4 24 /09 /2009 15:31

24/09/2009


Piège en haute société

Astrid Eliard
24/09/2009 | Mise à jour : 12:33

«La Femme blessée» de Caroline Pascal - Le portrait d'une femme prisonnière de son milieu.

 

Il fut un temps, dans les cercles aristocratiques, où l'on chassait le dix-cors sur des terres châtelaines, et où les hommes portaient leur adultère comme une fleur à la boutonnière. Aujourd'hui, l'adultère est passé de mode, et les cerfs sont des espèces protégées. Pourtant, il existe encore, dans certains quartiers de Paris ou de ­Versailles, une petite société pour perpétuer ces chasses d'un autre temps et ces codes surannés. La romancière Caroline Pascal l'a croquée dans un livre juste et sensible, où l'on voit se débattre une femme, Victoire, prise au piège de son milieu. Mariée à un homme politique très en vue, elle a deux enfants, un train de vie luxueux. Quelques heures par semaine, elle travaille dans une galerie d'antiquités, un loisir plus qu'une profession, parce que son vrai travail, c'est servir son mari, Henry Mornas.

C'est elle qui l'a poussé à faire l'ENA, à gravir le cursus honorum jusqu'au perron de l'Élysée où il a été fait secrétaire d'État. Sans Victoire, il n'y serait peut-être pas arrivé. Parce qu'Henry est un «bâtard», comme on dit dans la bonne société. Il ne connaît pas son père, qui lui a laissé en legs une jambe plus longue que l'autre, boiteuse. C'est donc grâce à Victoire, à sa famille, que le « bâtard boiteux » est devenu « Mornas ». Aujourd'hui, Mornas brigue la présidence de son parti. Il est admiré, et c'est à peine si l'on remarque son infirmité. À force de dîner avec les puissants, il a fini par en devenir un. Et Victoire ? Elle a été détrônée. De conseillère, amie, amante, elle est devenue femme trompée. Comment pratique-t-on l'adultère dans les salons de la vieille France ? On se tait, on fait semblant, on continue de partager le même lit, et on serre les dents.

Un petit coup de canif

Pour éclairer le silence de Victoire, Caroline Pascal a délibérément rendu son entourage très bavard, et il l'est sans doute un peu trop, car c'est sur la pointe des pieds qu'on aborde un sujet aussi intime et délicat. Cependant, c'est dans ces bavardages menés à bâtons rompus que pointe la satire de ce petit monde aristocratique que Caroline Pascal semble très bien connaître. Autour de Victoire, chacun y va de son commentaire, de sa recette, de sa leçon de morale, confondant abusivement amour et amour-propre.

De quoi vivra-t-elle, si elle quitte son mari ? lui serine-t-on, comme si la rupture amoureuse n'était qu'une affaire de patrimoine. On savoure les conseils de la mère - une Versaillaise - qui lui répète que l'infidélité n'est qu'un petit coup de canif de rien du tout dans le sacrement du mariage. Les aristos de Caroline Pascal sont durs en affaires, quand il s'agit de négocier les histoires de cœur. L'auteur est plus tendre avec Victoire, qui ne marchandera pas son mariage et saura redonner des lettres de noblesse à son amour blessé.

«La Femme blessée» de Caroline Pascal, Plon, 257 p., 19 €.

Source: Le Figaro

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Mardi 22 septembre 2009 2 22 /09 /2009 21:03

22/09/2009

« Chère Madame,

 J'ai lu et relu La femme blessée avec un plaisir et une émotion renouvelés. 

A la première lecture, j'ai essayé d'ajourner le moment qui me conduirait inéluctablement vers la fin du roman et sonnerait la fin de l'histoire, prise par ce suspens psychologique de la femme bafouée mais profondément amoureuse. Cette fin c'était comme le départ d'un ami qu'on essaye de garder le plus longtemps possible près de soi alors que le billet est pris et que le train n'attend pas, encore une heure, une minute, une seconde... 

Je ralentissais ma lecture au moment où Victoire prenait le temps de la réflexion, soumise à cet éternel conflit du cœur et de la raison, elle tergiversait devant sa mère, craignant d'être incomprise, et retardait le moment de prendre la décision de rester avec son mari ou de le quitter.

 

Ce sont d'ailleurs les différents rythmes de votre roman qui m'ont frappée immédiatement. 

D'emblée j'étais entraînée dans le tourbillon de Paris avec son cortège de lieux saints de la politique, de va-et-vient incessants d'un endroit du microcosme politique à l'autre, avec les textos, (chaque partie commençant par un texto) notamment le premier qui est aussi l'incipit du roman créant un rythme bref, annonçant l'intrigue et les personnages, à la manière d'un Haïku de roman moderne très énigmatique.

Puis il y avait cette petite musique intime (en italique) qui inscrivait Victoire dans la solitude de ses souvenirs, plus tard dans la solitude de ses fantasmes (au futur, page 143, IIIème partie) et enfin dans la solitude de sa décision au présent (les deux dernières pages du roman, c'est aussi là où elle s'affirme le "je" remplace le "tu"). Son prénom à la dernière page prend tout son sens, elle réussit à accorder son désir à cette promesse reçue de ses parents le jour de sa naissance. Victoire sur elle-même et malgré tout.

 

On prend toujours plaisir à retrouver les lieux, les personnages des romans qu'on a aimés. Ici vous parlez à vos lecteurs dans l'intimité d'une histoire qui a commencé avec Fixés sous verre, s'est poursuivie avec Derrière le paravent et que l'on retrouve ici, grâce à Versailles évidemment (avec cette remarque qui m'a beaucoup amusée et que je retrouve dans le Sud-Ouest de la France, concernant ce qui sépare la Capitale de la Province sur la façon de nouer le Carré Hermés (p.94)), ou encore Rubercy comme le refuge où l'on se retrouve entre soi, et bien sûr l'oncle René (une forme d'autorité qui nous rassure par sa présence)...

Mais ici votre roman possède une double dimension: le monde médiatico-politique où tout est ambition, coups-bas pour prendre le pouvoir ou empêcher l'adversaire de le prendre, manigances de petits partis, scoop, presse et éditeurs agrémentant le tout, et celui de la Vieille France avec ses valeurs et leur transmission, ses principes, sa discrétion. 

 

La page 21: "Tu avais trouvé ton grand homme et découvert qu'il boitait", a réveillé en moi la phrase de Yasmina Reza dans L'aube le soir ou la nuit, (p.10): "j'avais déjà remarqué qu'il mangeait vite, comme j'avais déjà remarqué qu'il boitait." Même structure binaire agrémentée d'une pointe d'humour. Votre personnage Henry a brusquement revêtu le costume familier de l'homme politique doté  d'une étrange épaisseur romanesque, la dissolution, Giscard, donnant l'illusion qu'il s'agit d'un roman à clé.

 

A la relecture ce qui m'a frappé c'est la construction du récit: quatre parties presque égales en nombre de pages (54, 63, 59, et 60 pages) commençant toutes par un H (avec cette aspiration du "H" qui rappelle le prénom "Henry", telle une idée fixe qui remplit tous les recoins d'un être délaissé, vide sans cet autre qui pourtant fait souffrir).

Les trois premières sont au pluriel et constituées de mots de quatre syllabes traînantes (du moins pour les deux premiers mots en "tions", comme deux coups qui résonnent au fond d'un puits), la dernière est au singulier et c'est un mot de deux syllabes, plus vif et cinglant.

La Ière partie introduit les hésitations d'Henry "je voudrais te parler" dit-il à Victoire dans un message suivant la discussion qu'il a eue avec son fils dans laquelle celui-ci lui reproche ses infidélités. Il ne parviendra pas à parler à sa femme (p.53) et c'est elle qui à la fin de la Ière partie lui avoue ses doutes: "- Je ne sais plus très bien" dira-t-elle à propos de l'ambition que son mari nourrit pour son avenir politique.

La IIème partie s'ouvre délicieusement par une erreur de texto et dévoile la lâcheté du mari autant que les humiliations que Victoire aura à subir: d'abord à l'Opéra (lorsqu'elle aperçoit le même camée qu'Henry lui avait offert, au doigt de sa rivale), et qui préfigure celle que lui imposera la photo-people de son mari sur les plages de Corse. C'est une "femme blessée" (p.89) par l'indifférence et le cynisme de son mari "Tu apprendras qu'on n'offre pas deux fois le même bijou..." (p.123) lui dira-t-elle.

On retrouvera deux autres occurrences de cette expression qui donne son titre au roman, toutes deux dans la IVème partie: p. 225, lorsque s'avançant dans la galerie des Glaces, Henry observe sa femme et son élégance, sa noblesse dans le port digne de son être abattu (il est derrière elle pour la première fois dans le roman, à la chasse c'est elle qui le suivait, et pour la première fois aussi on le trouve sympathique car plein d'humilité.). C'est sans doute sa prise de conscience qui nous le rend moins décevant et désagréable.

 

La dernière occurrence (si j'ai bien lu et n'en ai oublié aucune) se trouve à la page 248: "[...] merde c'était quand même elle la femme trompée, bafouée, blessée. Mais ça évidemment, pour sa mère, c'était un détail."

C'est en fait le drame de Victoire, à mon sens: comment échapper au déterminisme, à la répétition familiale, à ces gestes de sa mère qu'elle reproduit naturellement et qui finissent par l'exaspérer, car elle pressent que c'est la propre histoire de sa mère qu'elle risque de reproduire, histoire de femme blessée qui s'est tue et a attendu que son mari revienne au bercail, qui a fait "comme si" alors que personne n'était dupe. Victoire veut être libre de son choix, quel qu’il soit.

 

Je me suis sentie au début un peu déroutée par le contexte politique de l'histoire (bien que je m'intéresse de très près à la politique) mais j'étais sans doute conditionnée par le contexte plus intimiste des précédents romans, jusqu'à l'apparition de Victoire qui m'a immédiatement touchée dans sa dignité et sa noblesse de cœur.

Elle m'a vraiment touchée Victoire, j'avoue qu'Henry beaucoup moins et j'ai retrouvé dans les liens mère- fille une vérité qui m'est proche. Mais à la relecture, je trouve que ces différents niveaux d'histoires qui sont liées et qui se superposent, la Grande et la petite histoire, donnent plus de poids et d'importance à la décision de Victoire, elle prend de la hauteur et se grandit grâce sans doute au contexte qui la lie à son mari.  

 

J'ai aussi été intriguée dès le début par le choix des prénoms des enfants: "Franck" surtout m'a surprise, c'est un prénom qui semble très éloigné du milieu auquel il appartient, surtout au regard de "Adélaïde". Je suis intriguée par le sens que vous donnez à ce choix.

 

Mille MERCI pour la lecture de ce roman, que je continue de feuilleter, y découvrant sans cesse des détails nouveaux riches de sens. J'en ai offert un exemplaire à ma sœur, certaine qu'il lui plaira.

 

Isabelle Mariscal»


Source: Courrier d'une lectrice
 

 

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Vendredi 18 septembre 2009 5 18 /09 /2009 20:18
18/09/2009

Raphaël Stainville, chroniqueur au Figaro Magazine, se penche
sur La Femme Blessée...

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Les romans de Caroline Pascal

  • Derrière le paravent
  • La Femme Blessée
  • Fixés sous verre

Biographie de Caroline Pascal:









Caroline Pascal
fait sa scolarité à Versailles, d’abord au lycée Blanche de Castille où elle obtient un bac littéraire en 1984, puis en khâgne au lycée La Bruyère. En 1987, elle intègre l’Ecole Normale Supérieure de Fontenay-Saint Cloud. Pendant ses années d’école, elle obtient sa licence à l’université de Paris X puis une maîtrise d’espagnol et un DEA de langues romanes à l’université de Paris IV. Elle est reçue au concours de l’agrégation externe d’espagnol en 1990. Entre 1991 et 2009, elle multiplie les expériences d’enseignement, au sein des universités de Paris IV, Paris V, Bordeaux III et Lille III et en classes préparatoires, au lycée La Bruyère de Versailles. En 1998, elle est reçue docteur ès Lettres en Sorbonne. Parallèlement à l’enseignement, elle publie des traductions de romans réalistes espagnols aux éditions du Passeur et Desjonquères et des romans chez Plon. En 2009, elle est nommée Inspecteur Général de l’Education Nationale. Pour lire la suite, veuillez cliquer ici.

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