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Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /2010 12:22

8/02/2009

encre & tanins

Elle incarne la vieille France, lui l’ambition politique. Ils sont mariés depuis vingt ans et forment ce couple idéal faisant mine de petit-déjeuner en double page des magazines avec des sourires qui ne sont pas du petit matin. Peu à peu, cette vie sur papier glacé va très banalement tourner au vinaigre. Élevée pour être une épouse et une mère parfaites, Victoire est pourtant invitée à laisser la place. Son éducation, ses sentiments, les lois de son milieu le lui permettront-ils ? Le temps d’une crise, toute l’histoire du couple, son passé comme son avenir, peu à peu se dévoile.

Victoire de Clervie, épouse Mornas, découvre la liaison de son mari, Henry. Celui-ci est l’objet de tractations mielleuses faites dans les coulisses du milieu politique. Sa tête est jeté sur le billard, le bonhomme est soudain promu nouveau chouchou et valeur montante, avec poste à l’Élysée à la clef, surtout s’il se débrouille bien. On mise gros, on le jette dans les bras d’une très belle femme qui travaille dans la communication, on a tous les dés en main. La victoire est assurée. Or, ladite Victoire, de son prénom, épouse malheureuse car délaissée, a découvert le pot-aux-roses et ne digère pas la trahison. Il lui faut cependant se taire, ranger son amertume dans un placard fermé à double tour, et faire profil bas, au nom de son appartenance à cette petite noblesse qui serre les fesses et les dents, qui accepte sans sourciller la tromperie en pensant au devoir, aux enfants et au sacrifice. Point barre. Néanmoins, il semblerait qu’un souffle de révolte agite les pensées de Victoire. Va-t-elle réellement faire preuve de dissidence ?

On retrouve dans ce roman cette ambiance à la Chabrol, pincée en apparence, tout à fait grinçante une fois le couvert débarrassé. Un roman sage et sans réel cynisme, qui se lit sans déplaisir.

Source : Encre & Tanins, Découverte des crus français et amour de la littérature…février 2010

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Mardi 17 novembre 2009 2 17 /11 /2009 23:51

17/11/2009

Critique de la blogueuse "Blog de Didouchka"

La femme blessée

Victoire et Henry sont mariés depuis 20 ans. Ils évoluent dans les milieux de la grande bourgeoisie, elle, de souche aristocratique, lui, brillant haut fonctionnaire préparant son entrée en politique. Dans ce couple apparemment sans histoire, un beau jour l’harmonie vole en éclat. Henry trompe Victoire, discrètement d’abord, puis de façon de plus en plus ostensible et humiliante.

 

Pour ce roman, déception est le mot qui domine. Je l’ai refermé avec dépit après une alléchante critique qui annonçait une peinture sociale cruelle mais juste de la "bonne" société versaillaise, loin des clichés habituels. En réalité, ces derniers ne manquent pas et donnent au récit un ton stéréotypé, préfabriqué, peu crédible. La bourgeoisie vue par une lectrice de Point de vue un peu snob.

 

La thèse du livre (un brin caricatural) d’un milieu huppé donc forcément dépravé et cynique, s’épuise vite à force de répétitions. Quant à l'histoire, malgré de longs passages introspectifs, je n'ai pas réussi à m'émouvoir du désespoir de Victoire et du naufrage de son couple, tellement le cadre et surtout les personnages manquaient de consistance. Campés sans finesse, ces derniers illustrent tous les lieux communs les plus éculés sur la bourgeoisie ; l’énarque aux dents longues, le fils à papa rebelle, l’executive woman BCBG et glaciale, etc. Mention spéciale pour l’aristocratique aïeule du clan versaillais, agrippée aux apparences, qui assène sans rire à Victoire : « le drame antique de la femme trompée, voilà ton héritage ». On croirait à du second degré, mais non.  


Le décor est planté sans surprise entre Versailles et le 7ème arrondissement, et sa crédibilité repose en bonne partie sur un intense effort de name-dropping de marques diverses: Ralph Lauren, Hermès, Blackberry, Burberry…, comme autant de clins d’œil gratuits aux initiés, et qui alourdissent la lecture. Ceci étant, le souci de vraisemblance s’arrête là et laisse la place à de curieux paradoxes. Ainsi Victoire, qui nous est décrite vingt fois comme la fine fleur de l’aristocratie bien élevée, s’exprime-t-elle tout au long du roman comme une poissonnière, toujours l’argot et l’insulte à la bouche, ça m'a gênée pour ne pas dire plus.

 

Sur la forme, l’auteur a tenu à tarabiscoter l’écriture, déconstruire le texte, sans vraie raison apparente, de peur sans doute que le fond ne se suffise pas à lui-même. Ainsi le récit principal est-il parasité par l’irruption d’un récit secondaire, évocation en italique de vagues souvenirs familiaux dont la pertinence m’a échappé. S’y ajoutent d’autres intrusions comme des extraits de répondeur téléphonique, ou de texto du genre « C moi, T où ? » plutôt incongrus. Enfin, le récit est noyé sous une ponctuation fantaisiste, avalanche de points de suspension, parfois 10 fois par page, et style indirect libre omniprésent, ce qui fatigue passablement le lecteur. N'est pas Céline qui veut.

 

J’ai d’autant plus regretté ces maladresses que l’histoire est intéressante sur le fond. Il y a même des moments magiques dans ce roman, où le ton est juste et où le lecteur se prend à se passionner pour l'héroïne. La scène de la réception au Château de Versailles, à cet égard, est un morceau de bravoure. Rythmé, coloré, tragique et drôle à la fois, cet épisode est un petit régal, mais qui ne suffit pas à sauver l’histoire dont la fin m’a parue abrupte, décourageante et incompréhensible.

 

En conclusion, j'ai l'impression d'être passée complètement à côté de ce roman et de cet écrivain, largement salué par la critique, et qui semble bien marcher sur internet; il existe même un blog qui lui est exclusivement consacré.

L'avis de Clarabel, moyennement emballée.

La femme blessée, Caroline Pascal, Editions Plon, 257 pages.

Source: Le Blog de Didouchka - cuisine et critiques littéraires
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Samedi 31 octobre 2009 6 31 /10 /2009 15:52

31/10/2009

Les critiques
[evene]
par Faustine Amoré

Les ravages des non-dits et des secrets de famille, Caroline Pascal les connaît bien. Elle en a même fait le sujet principal de ses deux premiers romans. Ce qu'elle affectionne tout particulièrement : la névrose bourgeoise, la frustration d'une classe qui, ne sachant plus contre quoi (contre qui ?) lutter, a rendu les armes. Avec ce troisième roman, prenant une nouvelle fois pour cadre et pour emblème la ville de Versailles, elle s'attache à gratter le vernis d'un couple en apparence modèle. Son fonctionnement s’avère exemplaire jusque dans l'adultère du mari et dans la réaction de l’épouse, laquelle, présentée en quatre étapes, constitue les grandes parties du livre (hésitations, humiliations, hostilités et enfin hardiesse).
Comment ne pas penser à 'La Femme rompue' de Simone de Beauvoir ? L’illustre romancière y mettait en scène une Parisienne de quarante-quatre ans souffrant de l'infidélité de son mari au point de donner son consentement par espoir d'un retour. La référence fait au moins force pendant les deux premières parties de l'ouvrage. Car à mesure que le rythme trouve son souffle, l'auteur se déleste d’un style ampoulé et pseudo-romantique pour emprunter une voix orale et acérée, écho à la colère d'une femme trompée toute sa vie sur ce qu'elle voulait - et valait - vraiment. Même la marque de la négation est parfois occultée, symbole d’un optimisme retrouvé et grandissant. Si rebondissements et chute n'ont rien de vraiment surprenant, Caroline Pascal insuffle à son roman une véritable originalité en alternant messages échangés entre époux, voix omnisciente et récit traditionnel dialogué. L'incipit d'Anna Karénine l'attestait déjà : “Les familles heureuses se ressemblent toutes, les familles malheureuses sont malheureuses chacune à sa façon.” De sa plume audacieuse et enlevée, Caroline Pascal prouve surtout qu'elles ont un véritable potentiel littéraire.


Source: Evene.fr

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Vendredi 9 octobre 2009 5 09 /10 /2009 18:45
9/10/2009

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Après deux romans salués par la critique chez Plon, Fixés sous verre (2003) et Derrière le paravent (2005), Caroline Pascal revient sur les tablettes de nos librairies en cette rentrée littéraire avec son dernier roman La femme blessée toujours chez Plon. Un livre d’introspection qui relève le défi d’écrire sur les non-dits dans un milieu aisé.

Un livre qui s’adresse particulièrement aux femmes et pourquoi pas aux couples.


Elle incarne la vieille France, lui l’ambition politique. C’est le dernier roman de la versaillaise Caroline Pascal, un petit bijou comme ses deux premiers. Mais laissons-la présenter elle-même cette histoire d’un couple en crise où le non-dit pèse plus lourd que le plomb.

Ils sont mariés depuis vingt ans et forment ce couple idéal faisant mine de petit-déjeuner en double page des magazines avec des sourires qui ne sont pas du petit matin. Peu à peu, cette vie sur papier glacé va très banalement tourner au vinaigre. Elevée pour être une épouse et une mère parfaites, Victoire est pourtant invitée à laisser la place. Son éducation, ses sentiments, les lois de son milieu le lui permettront-ils ? Le temps d’une crise, toute l’histoire du couple, son passé comme son avenir, peu à peu se dévoile.

Parler des non-dits ; le challenge réussi de ce roman.


Caroline Pascal analyse dans son dernier roman les rapports humains et les relations affectives dans le milieu bourgeois avec une justesse remarquable. Son style et son écriture n’y sont probablement pas pour rien. D’ailleurs, le lecteur s’en rendra très vite compte et pourra certainement éprouver à la lecture de ce livre un ressenti marquant voire saisissant. L’émotion est palpable devant ce couple de quadra en mal de reconnaissance, chacun à sa façon.

Même si le sujet parait vu et revu, complètement décalé avec l’air du temps, limite démodé, Caroline Pascal arrive subtilement à le rendre actuel, et précisément à le rendre intrigant. Le couple va-t-il se séparer ou non ? Sa force reste la fluidité de son texte saupoudrée de phrases percutantes et émotionnellement renversantes. De plus, l’auteure nous dresse un portrait acéré d’un milieu bourgeois effroyablement ancrée dans une hypocrisie de bonnes manières mises en application, à l’aide d’une plume grinçante mise au service d’un univers aux apparences lisses et à une réalité qui va de travers.

Une femme blessée pourrait être un film de Chabrol avec Isabelle Huppert dans le rôle de Victoire.

 
 Ce livre est fort réussi d’un point de vue littéraire puisqu’il traduit à merveille ce qui est quasiment impossible à retranscrire. Dire les non-dits de ce couple qui ne sont même pas dits franchement entre eux. L’auteure utilise donc des subterfuges littéraires avec malice et ingéniosité. L’utilisation des personnages secondaires exprimant la situation du couple sans faux-semblants permet à l’auteure de nous raconter leur silence. Les secrets du couple sont aussi racontés par bribes par l’auteure. C’est donc au lecteur de ne pas subir sa lecture mais d’être lecteur actif et de faire marcher ses méninges en même temps qu’il avance dans le roman.

La femme blessée est un livre magnifique sur les relations au sein d’un couple qui va mal. Qu’il soit riche ou pauvre. L’auteure a choisit de parler d’un couple aisé. Et pour cela, on ne peut s’empêcher de comparer son univers à celui du cinéaste Claude Chabrol. Si une adaptation pouvait se faire, La femme blessée ferait un excellent film avec un Claude Chabrol à la réalisation et une énigmatique Isabelle Huppert dans le rôle de Victoire.

Un très beau livre sur les sentiments qui ne vous laissera aucunement insensible. Une belle œuvre forte en émotion.

Public Concerné :
Pour tous ceux qui aiment les livres biens écrits.

Les +
+Belle plume, écriture sublime.
+Sujet un peu démodé et pourtant tellement bien traité, que l\'auteure finalement parvient à le remettre au goût du jour.
+Décryptage d\'un couple aisé qui va mal.


Les -
-Parfois lisse alors que le sujet ne l\'est pas (mais vraiment parfois, une ou deux fois seulement).


Source: 1001livres.fr
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Vendredi 9 octobre 2009 5 09 /10 /2009 12:33
9/10/2009
                    




La Femme Blessée

Après deux romans salués par la critique chez Plon, Fixés sous verre (2003) et Derrière le paravent (2005), Caroline Pascal revient sur les tablettes de nos librairies en cette rentrée littéraire avec son dernier roman La femme blessée toujours chez Plon. Un livre d’introspection qui relève le défi d’écrire sur les non-dits dans un milieu aisé.


Un livre qui s’adresse particulièrement aux femmes et pourquoi pas aux couples.


Elle incarne la vieille France, lui l’ambition politique. C’est le dernier roman de la versaillaise Caroline Pascal, un petit bijou comme ses deux premiers. Mais laissons-la présenter elle-même cette histoire d’un couple en crise où le non-dit pèse plus lourd que le plomb.

Ils sont mariés depuis vingt ans et forment ce couple idéal faisant mine de petit-déjeuner en double page des magazines avec des sourires qui ne sont pas du petit matin. Peu à peu, cette vie sur papier glacé va très banalement tourner au vinaigre. Elevée pour être une épouse et une mère parfaites, Victoire est pourtant invitée à laisser la place. Son éducation, ses sentiments, les lois de son milieu le lui permettront-ils ? Le temps d’une crise, toute l’histoire du couple, son passé comme son avenir, peu à peu se dévoile.

Parler des non-dits ; le challenge réussi de ce roman.


Caroline Pascal analyse dans son dernier roman les rapports humains et les relations affectives dans le milieu bourgeois avec une justesse remarquable. Son style et son écriture n’y sont probablement pas pour rien. D’ailleurs, le lecteur s’en rendra très vite compte et pourra certainement éprouver à la lecture de ce livre un ressenti marquant voire saisissant. L’émotion est palpable devant ce couple de quadra en mal de reconnaissance, chacun à sa façon.

Même si le sujet parait vu et revu, complètement décalé avec l’air du temps, limite démodé, Caroline Pascal arrive subtilement à le rendre actuel, et précisément à le rendre intrigant. Le couple va-t-il se séparer ou non ? Sa force reste la fluidité de son texte saupoudrée de phrases percutantes et émotionnellement renversantes. De plus, l’auteure nous dresse un portrait acéré d’un milieu bourgeois effroyablement ancrée dans une hypocrisie de bonnes manières mises en application, à l’aide d’une plume grinçante mise au service d’un univers aux apparences lisses et à une réalité qui va de travers.

Une femme blessée pourrait être un film de Chabrol avec Isabelle Huppert dans le rôle de Victoire.

 
 Ce livre est fort réussi d’un point de vue littéraire puisqu’il traduit à merveille ce qui est quasiment impossible à retranscrire. Dire les non-dits de ce couple qui ne sont même pas dits franchement entre eux. L’auteure utilise donc des subterfuges littéraires avec malice et ingéniosité. L’utilisation des personnages secondaires exprimant la situation du couple sans faux-semblants permet à l’auteure de nous raconter leur silence. Les secrets du couple sont aussi racontés par bribes par l’auteure. C’est donc au lecteur de ne pas subir sa lecture mais d’être lecteur actif et de faire marcher ses méninges en même temps qu’il avance dans le roman.

La femme blessée est un livre magnifique sur les relations au sein d’un couple qui va mal. Qu’il soit riche ou pauvre. L’auteure a choisit de parler d’un couple aisé. Et pour cela, on ne peut s’empêcher de comparer son univers à celui du cinéaste Claude Chabrol. Si une adaptation pouvait se faire, La femme blessée ferait un excellent film avec un Claude Chabrol à la réalisation et une énigmatique Isabelle Huppert dans le rôle de Victoire.

Un très beau livre sur les sentiments qui ne vous laissera aucunement insensible. Une belle œuvre forte en émotion.


Source: 1001-livres.fr

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Biographie de l'auteur:









Caroline Pascal
fait sa scolarité à Versailles, d’abord au lycée Blanche de Castille où elle obtient un bac littéraire en 1984, puis en khâgne au lycée La Bruyère. En 1987, elle intègre l’Ecole Normale Supérieure de Fontenay-Saint Cloud. Pendant ses années d’école, elle obtient sa licence à l’université de Paris X puis une maîtrise d’espagnol et un DEA de langues romanes à l’université de Paris IV. Elle est reçue au concours de l’agrégation externe d’espagnol en 1990. Entre 1991 et 2009, elle multiplie les expériences d’enseignement, au sein des universités de Paris IV, Paris V, Bordeaux III et Lille III et en classes préparatoires, au lycée La Bruyère de Versailles. En 1998, elle est reçue docteur ès Lettres en Sorbonne. Parallèlement à l’enseignement, elle publie des traductions de romans réalistes espagnols aux éditions du Passeur et Desjonquères et des romans chez Plon. En 2009, elle est nommée Inspecteur Général de l’Education Nationale. Pour lire la suite, veuillez cliquer ici.

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