8/02/2009
Elle incarne la vieille France, lui l’ambition politique. Ils sont mariés depuis vingt ans et forment ce couple idéal faisant mine de petit-déjeuner en double page des magazines avec des sourires qui ne sont pas du petit matin. Peu à peu, cette vie sur papier glacé va très banalement tourner au vinaigre. Élevée pour être une épouse et une mère parfaites, Victoire est pourtant invitée à laisser la place. Son éducation, ses sentiments, les lois de son milieu le lui permettront-ils ? Le temps d’une crise, toute l’histoire du couple, son passé comme son avenir, peu à peu se dévoile.
Victoire de Clervie, épouse Mornas, découvre la liaison de son mari, Henry. Celui-ci est l’objet de tractations mielleuses faites dans les coulisses du milieu politique. Sa tête est jeté sur le billard, le bonhomme est soudain promu nouveau chouchou et valeur montante, avec poste à l’Élysée à la clef, surtout s’il se débrouille bien. On mise gros, on le jette dans les bras d’une très belle femme qui travaille dans la communication, on a tous les dés en main. La victoire est assurée. Or, ladite Victoire, de son prénom, épouse malheureuse car délaissée, a découvert le pot-aux-roses et ne digère pas la trahison. Il lui faut cependant se taire, ranger son amertume dans un placard fermé à double tour, et faire profil bas, au nom de son appartenance à cette petite noblesse qui serre les fesses et les dents, qui accepte sans sourciller la tromperie en pensant au devoir, aux enfants et au sacrifice. Point barre. Néanmoins, il semblerait qu’un souffle de révolte agite les pensées de Victoire. Va-t-elle réellement faire preuve de dissidence ?
On retrouve dans ce roman cette ambiance à la Chabrol, pincée en apparence, tout à fait grinçante une fois le couvert débarrassé. Un roman sage et sans réel cynisme, qui se lit sans déplaisir.
Source : Encre & Tanins, Découverte des crus français et amour de la littérature…février 2010
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Victoire et Henry sont mariés depuis 20 ans. Ils évoluent dans les milieux de la grande bourgeoisie, elle, de souche aristocratique, lui, brillant haut
fonctionnaire préparant son entrée en politique. Dans ce couple apparemment sans histoire, un beau jour l’harmonie vole en éclat. Henry trompe Victoire, discrètement d’abord, puis de façon de
plus en plus ostensible et humiliante.
Les ravages des non-dits et des secrets de famille, Caroline Pascal les connaît bien. Elle en a même fait le sujet principal de ses deux premiers romans. Ce qu'elle affectionne
tout particulièrement : la névrose bourgeoise, la frustration d'une classe qui, ne sachant plus contre quoi (contre qui ?) lutter, a rendu les armes. Avec ce troisième roman, prenant une nouvelle
fois pour cadre et pour emblème la ville de Versailles, elle s'attache à gratter le vernis d'un couple en apparence modèle. Son fonctionnement s’avère exemplaire jusque dans l'adultère du mari et
dans la réaction de l’épouse, laquelle, présentée en quatre étapes, constitue les grandes parties du livre (hésitations, humiliations, hostilités et enfin hardiesse).
Belle plume, écriture sublime.
Parfois lisse alors que le sujet ne l\'est pas (mais vraiment parfois, une ou deux fois seulement).



